Dix bonnes raisons pour utiliser Slackware Linux

Slackware Linux

La distribution Slackware Linux a fêté ses vingt ans en été 2013. L'annonce officielle de Patrick Volkerding datant du 16 juillet 1993 est toujours en ligne, et vous pouvez la lire ici. À l'ère des distributions grand public comme Fedora, Mageia, Ubuntu et autres Linux pour tous qui offrent toutes un certain confort, quel intérêt peut-il y avoir à utiliser la plus ancienne distribution encore maintenue ?

Voici une liste de dix bonnes raisons pour lesquels Slackware reste un excellent choix pour vos postes de travail, vos serveurs et vos stations de travail.

  • Expérience. Slackware est la plus ancienne distribution Linux encore active. Elle a vu le jour avant Debian et Red Hat. Songez à la fameuse publicité Nutella : vingt ans d'expérience font toute la différence. Slackware est avant tout une distribution mûrie, et cette maturité se traduit au quotidien par une robustesse légendaire.
  • Pérennité. L'installateur Slackware, les composants de base du système et la collection d'outils d'administration basiques ont fait leurs preuves depuis belle lurette et sont toujours livrés avec la distribution. Pour un administrateur système, cela signifie qu'il n'aura pas à revenir à la case départ au gré de l'inspiration du jour du distributeur et de tout réapprendre à partir de zéro. Slackware ne change pas de système d'initialisation ou de serveur graphique comme de chemise. Les changements apportés à la distribution s'effectuent petit à petit, sans grand ramdam médiatique, comme par exemple l'ajout du gestionnaire de paquets slackpkg à la version 12.2. Le jour où vos collègues se moqueront du dinosaure sur votre station de travail ou votre serveur dédié, vous n'aurez qu'à leur rétorquer qu'il faudra au moins une pluie de météorites pour en venir à bout.
  • Stabilité. Chaque version de Slackware est constituée d'un ensemble de composants dûment éprouvés et testés. Une chose que vous ne trouverez jamais dans Slackware, ce sont les technology previews arborées par certaines distributions grand public : une collection funeste de nouvelles technologies en avant-première, et qui ont une fâcheuse tendance à transformer votre quotidien d'administrateur en un abîme de souffrances innommables.
  • Flexibilité. En tant qu'administrateur, j'ai une idée assez précise de ce que je souhaite installer sur un serveur de réseau local, un serveur public, une station de travail, un ultra-portable. Malheureusement, aucune distribution ne fournit ces configurations telles quelles (je suis pinailleur, je l'avoue). Mais Slackware est une des rares à ne pas m'obliger à sauter à travers des cerceaux en feu pour installer et configurer mon système exactement comme je le souhaite.
  • Flexibilité (bis). Lorsqu'un paquet n'est pas inclus dans la distribution, je peux être à peu près sûr que le site SlackBuilds.org propose un script de compilation pour le paquet en question. Pour les rares fois où ce n'est pas le cas, je n'ai qu'à en écrire un moi-même, ce qui est bien plus simple qu'on ne pense. Comme Patrick Volkerding l'a dit lui-même récemment, sa distribution s'adresse à tous ceux qui souhaitent compléter le système de base à partir du code source, sans pour autant balancer une clé anglaise dans le gestionnaire de paquets La compilation de paquets à partir des sources devient presque un jeu d'enfant sous Slackware.
  • Simplicité. Il m'arrive de temps en temps d'installer Slackware sur du matériel vétuste ou exotique, et je peux effectuer les configurations problématiques là où les installateurs et autres assistants automatiques des distributions grand public s'étouffent et refusent de fonctionner. Le principe KISS révèle toute sa force ici, et l'on ne risque pas de faire face à des aberrations du genre DO NOT EDIT THIS BY HAND.
  • Humanité. Bien que le terme soit déjà accaparé par les utilisateurs de la distribution Ubuntu, une des choses que j'apprécie avec Slackware est sa taille humaine. La distribution est de taille modeste, tout comme le nombre de paquets disponibles par défaut, et ces derniers sont soigneusement maintenus. Les utilisateurs du forum Slackware sur le site LinuxQuestions.org sont aussi compétents que sympathiques, et l'ambiance qui règne dans cette communauté est assez exceptionnelle. On y croise un nombre impressionnant de vétérans UNIX de la première heure, sans être confronté pour autant aux redoutables talibans du logiciel libre. Enfin, n'oublions pas qu'Ubuntu est un vieux mot africain qui signifie Je n'arrive pas à configurer Slackware ;o)
  • Transparence. Slackware publie soigneusement l'intégralité de ses sources, et la configuration s'effectue invariablement par le biais de fichiers texte. Ce point-là semble donc évident. Ce qui est moins évident, c'est que Slackware devient ainsi la distribution idéale pour apprendre Linux. Un vieil adage veut que si l'on utilise Debian, on apprend Debian, si l'on utilise Fedora, on apprend Fedora, mais si l'on utilise Slackware, on apprend Linux. Il m'arrive de former des administrateurs Linux en entreprise, et mes formations sont majoritairement basées sur Slackware.
  • Efficacité. Mon bureau basé sur Xfce tourne parfaitement sur du matériel vieux de douze ans, et c'est quelque chose que j'arrive seulement à faire avec Debian ou une poignée de distributions spécialisées comme Puppy ou Slitaz, mais pas avec les distributions grand public comme Ubuntu ou OpenSUSE, bien plus gourmandes en ressources. La configuration par défaut de Slackware n'active qu'un minimum syndical de services, sans tout le cholestérol habituel des distributions grand public.
  • Politique. Slackware publie une nouvelle version à peu près une fois tous les deux ans. Non pas à une date fixée, mais lorsque la distribution est prête, autrement dit, lorsqu'elle ne contient plus de bugs sérieux. Chaque version reçoit des mises à jour de sécurité pendant cinq ans, ce qui fait que vous pouvez très bien utiliser Slackware en entreprise.